Interview

Nesreen Tafesh: «Je suis une citoyenne du monde»

May 01, 2017

Un nouvel album qu’elle peaufine, une nouvelle série télévisée, l’actrice syrienne aux origines palestiniennes et algériennes se livre discrètement, le temps de notre séance photo. Réservée, elle remonte le fil de sa vie avec sensibilité et une douceur qui cachent un tempérament bien trempé.

En 2017, on la redécouvre en chanteuse. Son premier solo révèle une petite séduction et un timbre nouveau, attachant. Un album devra suivre. « J’ai toujours eu un penchant pour la chanson, raconte-t-elle. Déjà à l’université, mes professeurs m’ont encouragée à développer mes capacités vocales, j’ai préféré me concentrer sur ma carrière d’actrice. Il y a quelques années, lors d’une émission télévisée, on me demanda de chanter et j’ai fredonné un passage de Layali el Ouns. Le critique artistique Jamal Fayyad, agréablement surpris, m’encouragea à passer le cap et à me lancer dans la chanson ». Aujourd’hui, la jeune femme assume sa polyvalence artistique. 

Huitième enfant d’une large famille, elle puise sa force dans ses racines. Des origines orientales fragmentées entre un papa palestinien, une maman algérienne et une enfance en Syrie, de quoi l’armer d’une vision du monde tolérante et ouverte. Elle se considère comme « une citoyenne du monde », bien que pour elle, la Syrie reste son pays adoptif. Que reste-t-il des ruelles de Damas qui l’ont vu grandir ? « Des aventures que je n’oublierai pas. J’ai fait mes premières scènes dans le cadre des festivals qui faisaient le tour du pays». En effet, c’est à huit ans que la belle Palestinienne découvre le bonheur et le plaisir d'être sur scène, alors qu’elle ne s’est jamais rêvée actrice. Naturellement, elle suivra des études universitaires en art dramatique à la faculté des beaux-arts de Damas. Dès sa deuxième année, Nesreen se démarque. Elle connaîtra la passion de la planche sur les répliques de La Noce de Brecht. Soutenue par ses professeurs, elle sera très vite propulsée dans l’univers des grands.

Son premier grand rôle, c’est comme le premier amour. Rabee' Qortoba (Le printemps de Cordoue), une série de production jordanienne, la mettra sous les projecteurs avec le rôle de Subeh, l’épouse du calife. «Pour certains, je suis née sous une bonne étoile, la vérité est que j’ai eu à assumer une énorme responsabilité dès mon premier rôle. Aujourd’hui, je me dois et je dois surtout à mon public des choix bien étudiés et des performances à la hauteur de Subeh». Si cette série a été une deuxième école d’art dramatique pour l’actrice, la suite sera influencée par cette trajectoire que Nesreen s’est tracée. « Je n’ai pas eu besoin de me prêter au jeu des castings, les opportunités ont déferlé par la suite ».

En grande lectrice, Nesreen choisit méticuleusement ses rôles. Normal, quoique rien ne la destinait à être chanteuse ou comédienne. Rien ? Son amour des arts, tout de même, hérité de son écrivain et poète de père, Yousef Tafesh. Sur sa table de chevet, The Power of Intention de Wayne Dyer traîne depuis quelques semaines. Un livre d'auto-assistance et de pensées positives. La belle actrice a d’ailleurs suivi plusieurs formations en life coaching. «J’avais besoin de canaliser mon énergie et d’améliorer ma vie. Aujourd’hui je suis une personne épanouie, fière de mon développement personnel et de mon parcours. Cette expérience m’a donné envie de m’aventurer dans l’univers du life coaching et le projet d’écriture de mon propre livre de développement personnel est actuellement en pleine maturité », nous confie-t-elle.

Tout au long de la séance photo, Nesreen a gardé un calme olympien, le sourire aux lèvres, et la voix basse, tel un chuchotement. Son secret pour rester zen ? Le sport. « Des séances de tennis quand mes horaires me le permettent. Du yoga pour me refocaliser, de la natation, du tennis, j’ai toujours été sportive et j’essaie de maintenir ma forme entre deux tournages». Nesreen Tafesh a un physique de rêve et une peau pour laquelle beaucoup se damneraient, dont probablement un grand nombre de ses cinq millions d’abonnés qui la suivent au quotidien sur ses pages Instagram (deux millions) et Facebook (plus de trois millions).

En dehors de ses tournages, elle est très casanière. « Je me vois bien femme au foyer, entourée de mes enfants et de mon mari », avoue-t-elle. Nesreen n’est plus un cœur à prendre. Même si son couple préfère rester loin des projecteurs, elle se livre un peu et nous parle de ses sentiments. « Etre en état d’amour est ce qu’il y a de plus noble et de beau dans la vie, oui je suis amoureuse», déclare-t-elle, le sourire aux lèvres et une lueur malicieuse dans ses yeux d’un vert pétillant. C’est tout ce qu’on saura.

La seule histoire d’amour qu’elle nous révèlera sera celle de « Iguab wa al Aafra », une épopée historique qui sera diffusée pendant le Ramadan. « J’ai hâte de dévoiler au public le personnage de Aafra, une jeune femme tiraillée par son rôle de leader d’une tribu dans un monde patriarcal conservateur, et son amour pour celui qui a tué son père ». Après la télévision, la chanson, l’écriture, que reste-t-il à essayer ? Elle est partout à la fois et ses multiples facettes ne cessent de nous surprendre.

 

VOLANTS ROMANTIQUES

Robe en mousseline plissée, ASILIO, ONE MELROSE

Escarpins en cuir verni, CHRISTIAN LOUBOUTIN

 

NOIR FATAL

Robe ‘’Natures’’ ornée de boucles, BEC & BRIDGE, ONE MELROSE

Escarpins en cuir verni, CHRISTIAN LOUBOUTIN

 

ROUGE ARDENT

Robe en mousseline plissée de la collection Couture Printemps-été 2017, NATALIE KARAM

 

MAILLE BRILLANTE

Robe à effet métallisé multicolore, M MISSONI, ABC

 

NUDE SEXY

Robe en dentelle et guipure de la collection Couture Printemps-été 2017, NATALIE KARAM

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